La Folie du Digital Schtrudel
Le contexte
Ce projet est né du cours de production de contenu média à la HEIG-VD : créer un récit original, texte et images, sous la forme d’une vidéo carrée de deux minutes au maximum, sans son, avec au moins six écrans, une photo et un texte au début, au milieu et à la fin. Il n’y avait pas de brief précis : le sujet était libre, à condition d’aborder un thème auquel le public puisse se connecter, avec un message positif où l’on avait le droit de s’amuser. Le travail serait exposé à l’école sur un écran, devant les étudiant·es et le personnel, et accompagné d’un moodboard, d’un journal de bord et d’une note d’intention.
Mon approche
Ma première idée était un collage sur une personne qui se compare aux influenceur·euses et finit par changer pour leur ressembler. Elle a été jugée trop vague et trop longue à réaliser. En voyant un épisode des Schtroumpfs à la télé, j’ai décidé de m’en inspirer pour parler de l’impact des réseaux sociaux. Un village de Schtrudels, des personnages bleus, découvre un énorme champignon couvert d’icônes d’applications : le Digital Schtrudel, une boîte de nuit numérique symbolisée par une boule disco. Le méchant Gargaméchant, affublé du logo de Meta, veut les y capturer. Je voulais montrer, sur un ton décalé, que l’addiction ne vient pas que des utilisateur·rices mais aussi des géants du numérique. J’ai dessiné chaque image à la main dans Procreate, avec des bulles de BD et une typographie dessinée, et glissé une photo de téléphone dans l’écran du village. Après les retours du cours, j’ai renommé les personnages, ajouté le logo de Meta et écrit une intro et une conclusion plus personnelles. Faute de temps, j’ai gardé leur couleur d’origine.
Le résultat
Le résultat est une animation silencieuse de deux minutes, entièrement dessinée dans Procreate puis montée. Elle commence par le village qui regarde un écran et se termine sur un autoportrait mêlé à l’esthétique des Schtrudels, car ce projet parle de moi autant que d’eux : « j’essaie juste d’être connectée mais sans être capturée ». À la fin, le Digital Schtrudel est géré par le village. La vidéo a été exposée sur un écran à l’école, et j’ai tenu un journal de bord de septembre à novembre, avec les retours reçus et la façon dont je les ai utilisés ou écartés.
La vidéo

La vidéo exposée sur un écran à l’école.
Note d’intention
« Mon projet aborde l’impact des réseaux sociaux sur notre société à travers une réinterprétation du monde des Schtroumpfs. Par une animation dessinée et colorée, j’explore comment la technologie capte notre attention et influence nos habitudes, sous l’emprise des géants du numérique. J’aimerais que les spectateurs s’amusent de cet univers décalé avant de réaliser qu’ils sont peut-être, eux aussi, un Schtrudel comme moi. »

—Le moodboard
Les Schtroumpfs de Peyo pour l’univers, une boule disco pour le champignon, des bulles de BD pour le texte, et un autoportrait mi-photo mi-dessin pour dire que je fais partie de cet univers.